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« Ostéopathie fonctionnelle » peut évoquer plusieurs choses : des techniques indirectes, un travail très progressif, des gestes qui ne font pas craquer, une approche fasciale ou simplement une manière de s’intéresser à la fonction et à la mobilité.

Ces usages existent, mais ils ne sont pas équivalents.

Dans son sens historique et technique le plus précis, la Functional Method correspond à une méthode ostéopathique indirecte identifiable. En France, le mot « fonctionnel » est aussi employé dans un sens plus large pour regrouper différentes approches progressives, positionnelles, fasciales ou tissulaires. Enfin, « fonctionnel » peut simplement qualifier l’objectif clinique recherché sans désigner une famille de techniques particulière.

Une technique fonctionnelle n’est donc pas simplement « une technique douce qui ne fait pas craquer ». Toutes les méthodes indirectes ne sont pas fonctionnelles, les techniques fasciales ne sont pas toutes des Functional Methods et une technique directe n’est pas nécessairement forte ou brutale.

Pour comprendre ce que recouvre réellement l’ostéopathie fonctionnelle, il faut distinguer ces usages puis revenir à l’histoire de la Functional Method, à sa logique et à quelques notions caractéristiques : barrière restrictive, ease, bind, feedback palpatoire ou encore dynamic balance point.

Ostéopathie fonctionnelle : de quoi parle-t-on exactement ?

Dans son sens technique le plus précis, Functional Method désigne une méthode indirecte de traitement ostéopathique.

Le praticien explore les mouvements d’une région, apprécie par la palpation la manière dont elle répond à différentes sollicitations et ajuste progressivement son geste vers des directions dans lesquelles il perçoit moins de résistance.

Dans l’Authorized Osteopathic Thesaurus de l’AACOM, des expressions comme Functional Technique et Hoover Technique sont également rattachées à Functional Method.

En revanche, Indirect Method est une catégorie beaucoup plus large. Functional Method appartient aux méthodes indirectes, mais toutes les méthodes indirectes ne sont pas des techniques fonctionnelles.

Cette différence apparaît également dans la présentation des méthodes de médecine manipulatoire ostéopathique de l’AACOM, qui individualise notamment Functional Method, Counterstrain, Facilitated Positional Release, Balanced Ligamentous Tension, Ligamentous Articular Strain, Fascial Unwinding, Myofascial Release, Muscle Energy et Still Technique.

Plusieurs de ces méthodes peuvent utiliser des mouvements progressifs, une position de facilité ou un feedback palpatoire. Cela ne suffit pas à en faire des synonymes.

Pourquoi le terme est-il plus ambigu en français ?

En France, « techniques fonctionnelles » peut être utilisé dans un sens plus large.

Certaines formations rapprochent par exemple techniques fonctionnelles, techniques tissulaires et fascias. La présentation pédagogique de l’EFOM constitue un exemple de cet usage élargi. Cela explique en partie pourquoi deux praticiens peuvent employer le même mot pour parler de méthodes assez différentes.

Ce rapprochement pédagogique ne signifie cependant pas que toutes ces méthodes possèdent la même origine ou la même logique technique.

Pour éviter la confusion, il est donc utile de distinguer :

D’où viennent les techniques fonctionnelles ?

La forme moderne de la technique fonctionnelle est particulièrement documentée au début des années 1950.

Dans son article Functional technique: a modern perspective, publié en 1981, l’ostéopathe C. H. Bowles revient sur les Study Sessions organisées par la New England Academy entre 1952 et 1957 autour d’une « functional approach » des problèmes manipulatoires.

Il présente H. V. Hoover comme l’un des acteurs majeurs de cette période et estime que l’expression functional technique s’est probablement imposée dans ce contexte.

Trois jalons pour se repérer

  1. 1952–1957 : les Study Sessions de la New England Academy constituent un moment important de la résurgence moderne de l’approche fonctionnelle, avec H. V. Hoover comme figure centrale.
  2. 1981 : C. H. Bowles publie Functional technique: a modern perspective et formalise notamment les notions de motion demand, listening hand, ease et bind.
  3. Par la suite : William L. Johnston développe un corpus plus systématisé de Functional Methods, notamment avec Harry D. Friedman et David Eland.

Cette chronologie permet de situer les principaux jalons documentés. Elle ne doit pas être lue comme une généalogie certaine et continue reliant mécaniquement Still, les Fryette, Hoover, Bowles puis Johnston.

Il serait notamment excessif d’en déduire qu’un praticien aurait « inventé l’ostéopathie fonctionnelle » à une date parfaitement identifiable.

Bowles rapporte que certaines composantes de la technique utilisée par Hoover auraient été transmises par les Fryette et rattache plus anciennement certains éléments à Andrew Taylor Still. Cette filiation nous renseigne sur la manière dont cette tradition décrivait ses influences, mais elle ne constitue pas à elle seule une généalogie historique continue et définitivement démontrée.

La formulation la plus prudente consiste donc à considérer Hoover comme une figure majeure de la cristallisation et de la résurgence moderne de la technique fonctionnelle au début des années 1950.

Bowles : comprendre la logique de la méthode

Le texte de Bowles est particulièrement intéressant parce qu’il ne raconte pas seulement cette histoire : il décrit aussi la logique technique de l’approche.

Le praticien ne s’intéresse plus uniquement à une position statique. Il observe la réponse d’une région lorsqu’il lui applique différentes demandes de mouvement.

Bowles emploie notamment les notions de :

La technique devient ainsi dynamique : le praticien ajuste progressivement les directions de mouvement en fonction des réponses qu’il perçoit.

Johnston, Friedman et les Functional Methods

Cette histoire précède les travaux de William L. Johnston.

Johnston développera ultérieurement une approche plus systématisée sous le nom de Functional Methods, notamment autour de l’évaluation neuromusculosquelettique et des compétences palpatoires.

Harry D. Friedman et David Eland participent à cette phase ultérieure, notamment comme coauteurs de l’ouvrage Functional Methods.

Il est donc plus juste de décrire une évolution que de rechercher un inventeur unique : Hoover appartient à la genèse moderne de Functional Technique ; Bowles en propose une formalisation particulièrement éclairante ; Johnston développe ensuite un corpus de Functional Methods plus systématisé.

Cette phase ultérieure est notamment documentée par la ressource Functional Methods de l’AACOM.

Quelle place pour Sutherland dans cette histoire ?

William Garner Sutherland occupe une place majeure dans l’histoire de l’ostéopathie, mais les sources utilisées ici ne permettent pas de le présenter comme le fondateur de Functional Method.

Son nom est notamment associé à la Balanced Ligamentous Tension, ou BLT. Cette méthode partage avec certaines approches fonctionnelles l’idée de rechercher un équilibre relatif des tensions plutôt que de simplement pousser contre une restriction.

Cette proximité conceptuelle ne crée cependant pas une identité historique. BLT et Functional Method restent individualisées dans la terminologie ostéopathique.

Technique directe et technique indirecte : quelle différence ?

Pour comprendre la logique fonctionnelle, il faut abandonner une première idée reçue : direct ne signifie pas forcément fort, et indirect ne signifie pas forcément doux.

La distinction concerne d’abord la relation entre le geste du praticien et ce que la terminologie ostéopathique appelle une barrière restrictive.

Cette barrière désigne une limite fonctionnelle repérée dans une direction de mouvement. Elle ne doit pas être automatiquement interprétée comme un os physiquement « déplacé », une articulation matériellement coincée ou une lésion anatomique visible.

Direct ou indirect : le critère principal

Technique directe : le geste engage la restriction et se dirige vers la direction limitée.

Technique indirecte : le geste commence par s’éloigner de cette restriction, vers une direction dans laquelle le mouvement paraît plus libre ou les tensions relativement mieux équilibrées.

Ces définitions sont notamment décrites dans le Glossary of Osteopathic Terminology de l’AACOM.

Cette classification ne précise pas à elle seule :

Une technique directe peut ainsi être progressive et ne comporter aucun thrust. À l’inverse, une technique indirecte peut employer une compression ou une autre force facilitatrice.

La relation à la barrière et le dosage de la technique sont deux questions différentes.

Comment fonctionne historiquement une technique fonctionnelle ?

Functional Method ne consiste pas simplement à placer une région « dans une position confortable » puis à attendre passivement.

Le praticien explore plusieurs possibilités de mouvement et utilise la palpation comme système de feedback.

Une partie de sa main peut produire ou accompagner une demande de mouvement, tandis qu’une autre surveille la réponse de la région examinée. C’est dans ce sens que Bowles utilise l’image de la « listening hand », la « main qui écoute ».

Le mot « écoute » est une métaphore. Concrètement, il décrit une palpation attentive permettant au praticien d’ajuster son geste en fonction des modifications de résistance qu’il perçoit.

Le vocabulaire historique distingue alors :

Le praticien combine progressivement plusieurs paramètres afin de rechercher une situation dans laquelle les résistances lui paraissent relativement équilibrées.

L’Authorized Osteopathic Thesaurus de l’AACOM emploie notamment l’expression dynamic balance point pour décrire ce repère technique associé à Functional Method.

La technique peut être très peu ample. Elle ne se définit cependant pas uniquement par l’absence de force : certaines descriptions de Functional Method comportent aussi un maintien ou une compression.

La respiration est-elle indispensable ?

Non.

La respiration peut être utilisée comme paramètre supplémentaire. Bowles décrit par exemple la possibilité qu’une inspiration profonde accentue parfois la transition perçue entre bind et ease.

Cela en fait un facilitateur possible, pas une caractéristique indispensable de toutes les techniques fonctionnelles.

« Point d’équilibre », « écoute » et « libération » : comment comprendre ce vocabulaire ?

Ces termes sont utiles pour comprendre comment la méthode a été décrite et enseignée. Ils peuvent en revanche devenir trompeurs lorsqu’on les interprète trop littéralement.

Le dynamic balance point, par exemple, peut être présenté comme une situation recherchée dans laquelle les résistances perçues par le praticien paraissent relativement équilibrées.

C’est un concept technique. Rien ne justifie de le présenter comme un point anatomique fixe et universel qu’il serait possible de localiser objectivement chez chaque patient.

De la même manière, ease et bind décrivent des réponses palpatoires : davantage de facilité dans certaines directions, davantage de résistance dans d’autres. Ce vocabulaire n’établit pas, à lui seul, l’existence de deux états biologiques précis ou d’un mécanisme neurophysiologique particulier.

« Écouter les tissus » doit être compris avec la même prudence. Le praticien adapte son geste à ce qu’il perçoit sous ses mains. Cela ne signifie pas que le tissu posséderait une volonté propre ou indiquerait objectivement au praticien une direction biologique prédéterminée.

Enfin, lorsqu’un texte historique évoque une « libération », un release ou un « réajustement spontané », la traduction la plus concrète consiste à décrire une modification perçue de la résistance, du mouvement ou de la tension pendant le geste.

Cela n’autorise pas à conclure automatiquement qu’un fascia s’est « décollé », qu’une vertèbre s’est « remise en place » ou que le système nerveux a « réinitialisé » une lésion.

Cette distinction est importante : le geste existe, la perception palpatoire participe réellement à la procédure et le vocabulaire clinique permet de guider la technique ; le mécanisme biologique précis éventuellement proposé pour expliquer ces phénomènes constitue une question différente.

Functional Method, Counterstrain, FPR, fascia… quelles différences ?

Plusieurs méthodes ostéopathiques peuvent sembler proches lorsqu’on les observe : mouvements peu amples, positionnement progressif, recherche d’une moindre résistance ou absence de thrust.

Ces ressemblances ne suffisent pas à en faire une seule famille. La nomenclature présentée par l’AACOM distingue précisément plusieurs de ces méthodes.

Ces méthodes peuvent parfois se ressembler dans leur réalisation, mais elles ne correspondent pas à une seule famille.

Techniques fonctionnelles et méthodes voisines : les repères essentiels
Méthode Repère essentiel
Functional Method Méthode indirecte guidée par l’exploration du mouvement et un feedback palpatoire continu. Elle ne représente pas toutes les méthodes indirectes.
Counterstrain Méthode indirecte utilisant notamment des tender points et des positionnements spécifiques. Proche par son caractère indirect, mais distincte.
Facilitated Positional Release — FPR Positionnement réduisant les tensions puis force facilitatrice, par exemple compression ou torsion. Logique propre à la FPR.
Balanced Ligamentous Tension — BLT Recherche d’un équilibre relatif des tensions ligamentaires, historiquement associée à Sutherland. Lignée voisine mais distincte.
Ligamentous Articular Strain — LAS Travail autour d’un équilibre de tensions ligamentaires opposées. Ne doit pas être assimilé à « indirect = fonctionnel ».
Myofascial Release Approche centrée sur muscles et fascias pouvant utiliser une logique directe ou indirecte. Fascial n’est pas synonyme de fonctionnel.
Fascial Unwinding Accompagnement passif d’un mouvement perçu avec feedback continu. Catégorie distincte de Functional Method.
Muscle Energy Contraction volontaire du patient contre une résistance contrôlée. Exemple de méthode directe sans être nécessairement un thrust.
Still Technique Peut associer successivement composantes indirectes puis directes. Les deux logiques peuvent donc être combinées.
Approche tissulaire de Pierre Tricot Développement français plus récent disposant de son propre corpus. Ce n’est pas le nom français de Functional Method.

Ce tableau compare des logiques techniques et des histoires. Il ne classe ni l’efficacité, ni la sécurité, ni la pertinence de ces méthodes pour un patient donné.

Counterstrain et Facilitated Positional Release

Le Counterstrain, associé à Lawrence Jones, est également une méthode indirecte. Sa logique repose notamment sur l’utilisation de points sensibles, ou tender points, et de positions spécifiques.

Functional Method et Counterstrain partagent donc leur appartenance aux méthodes indirectes, mais leur logique opératoire et leur histoire restent distinctes.

La Facilitated Positional Release, ou FPR, associée notamment à Stanley Schiowitz, utilise quant à elle une position visant à réduire les tensions avant l’ajout d’une force facilitatrice, par exemple une compression.

Là encore, proximité ne signifie pas synonymie.

BLT, LAS et Sutherland

La Balanced Ligamentous Tension et la Ligamentous Articular Strain appartiennent à une autre lignée de méthodes travaillant autour d’un équilibre des tensions.

La BLT est historiquement associée à Sutherland.

La présence d’idées comme « équilibre », « moindre tension » ou « position de facilité » dans plusieurs traditions montre justement pourquoi ces mots ne suffisent pas à identifier une Functional Method.

Myofascial Release, Fascial Unwinding et approche tissulaire

Les techniques myofasciales s’intéressent explicitement aux muscles et aux fascias.

Myofascial Release peut être utilisé selon une logique directe ou indirecte. Fascial Unwinding accompagne quant à lui passivement des mouvements perçus d’une partie du corps avec un feedback continu.

Ces caractéristiques expliquent certains rapprochements avec le vocabulaire fonctionnel, notamment en France. Elles n’établissent pas une identité historique avec la Functional Method.

La même distinction est nécessaire pour l’approche tissulaire de Pierre Tricot.

Cette approche appartient à une histoire française beaucoup plus récente et possède son propre vocabulaire et son propre cadre conceptuel. L’éditeur Sully situe la première édition de l’ouvrage de référence en 2003.

Elle ne doit donc pas être présentée comme le simple nom français de la méthode fonctionnelle issue de la lignée Hoover.

Muscle Energy et Still Technique : deux bons contre-exemples

Les techniques d’énergie musculaire permettent de comprendre pourquoi « direct » ne signifie pas automatiquement « manipulation forte ».

Le patient participe volontairement par une contraction ou un mouvement dirigé contre une résistance contrôlée. Ces techniques relèvent d’une logique directe sans être pour autant synonymes de thrust ou de cracking.

Still Technique montre une autre limite des catégories trop rigides : elle peut associer successivement des composantes indirectes puis directes.

Les principes directs et indirects ne constituent donc pas deux univers incompatibles. Ils peuvent se retrouver dans une même boîte à outils, voire dans une même technique.

Fonctionnel, structurel, doux et cracking : quatre notions à ne pas confondre

L’opposition « ostéopathie structurelle » contre « ostéopathie fonctionnelle » est séduisante parce qu’elle paraît simple.

Elle devient pourtant rapidement trompeuse lorsqu’on la traduit ainsi :

« structurel = technique forte qui fait craquer » ;

« fonctionnel = technique douce qui ne fait pas craquer ».

Cette représentation mélange plusieurs dimensions différentes.

Ces termes répondent à des questions différentes. Les associer automatiquement crée des raccourcis trompeurs.

Quatre notions à ne pas confondre
Notion Ce qu’elle décrit
Direct / indirect La relation principale du geste avec la restriction de mouvement identifiée.
Fort / doux Le dosage du geste et la manière dont il est appliqué ou ressenti.
Cracking / sans cracking La présence ou l’absence d’un phénomène articulaire audible.
Structurel / fonctionnel Un vocabulaire professionnel et historique plus large, dont les usages ne recouvrent pas exactement les trois distinctions précédentes.

Une technique directe peut être progressive et sans craquement ; une technique indirecte peut, elle aussi, utiliser une force comme une compression.

Ces axes peuvent donc se croiser.

Une technique directe peut être lente, progressive et réalisée sans aucun craquement. Une technique indirecte peut utiliser une compression. Et le choix d’un geste ne se résume pas à l’appartenance d’un praticien à un camp « structurel » ou « fonctionnel ».

C’est d’ailleurs cohérent avec Bowles : dans sa présentation de Functional Technique, il ne décrit pas « fonctionnel » comme une contestation du « structurel », mais comme une autre manière, plus dynamique, d’envisager la structure et sa réponse au mouvement.

Le cracking ne permet donc ni d’identifier une technique fonctionnelle, ni de juger à lui seul la qualité ou la pertinence d’une consultation.

Les techniques fonctionnelles sont-elles forcément plus adaptées aux personnes fragiles ?

Pas automatiquement.

Certaines techniques indirectes peuvent être appliquées de manière très progressive et être ressenties comme confortables. Cela ne permet pas d’en déduire qu’une Functional Method serait par principe plus sûre que toutes les autres techniques ni qu’elle serait systématiquement la méthode indiquée pour un nourrisson, une personne âgée, un patient douloureux ou une personne fragile.

Une étiquette technique ne remplace pas l’examen.

Le choix et le dosage d’un geste dépendent de la situation, de l’objectif recherché, des précautions éventuelles, des préférences du patient et de la manière dont la technique est tolérée.

Quelle place pour les techniques fonctionnelles dans l’ostéopathie actuelle ?

L’intérêt de comprendre ces classifications n’est pas de chercher quelle « école » serait la meilleure.

C’est de comprendre que l’ostéopathe dispose de plusieurs outils et que chacun répond à une logique différente.

Un praticien n’a aucune obligation de travailler exclusivement avec une seule famille de techniques. Certaines méthodes sont directes, d’autres indirectes ; certaines demandent une participation active du patient, d’autres sont passives ; certaines combinent même plusieurs principes.

En pratique, la technique est un moyen, pas une fin en soi.

L’ostéopathe examine la situation, apprécie les mouvements et les contraintes fonctionnelles qu’il juge pertinentes, tient compte du contexte, des précautions et des préférences du patient, puis adapte son intervention.

Il peut employer une technique fonctionnelle pour un objectif précis, une technique musculaire pour un autre ou une approche articulaire lorsqu’elle lui paraît plus appropriée.

Ce qui compte n’est donc pas d’être « un ostéopathe fonctionnel » au sens d’une identité technique exclusive. La question la plus informative est plutôt : pourquoi cette technique est-elle choisie ici, et comment s’intègre-t-elle dans le raisonnement de la consultation ?

Pour replacer ces méthodes dans un panorama plus général, l’article La Boîte à Outils de l’Ostéopathe présente les différentes familles d’outils mobilisables en consultation. Le présent article a un rôle plus précis : expliquer ce que recouvre historiquement et techniquement le mot « fonctionnel ».

En conclusion

L’expression « ostéopathie fonctionnelle » est utile, mais elle recouvre plusieurs usages.

Son noyau historique le plus précisément identifiable est la Functional Method, une méthode indirecte dont la forme moderne est documentée autour de H. V. Hoover et des Study Sessions des années 1950, puis formalisée notamment par C. H. Bowles et développée ultérieurement dans les Functional Methods de William L. Johnston avec Harry D. Friedman et David Eland.

Sa logique repose sur l’exploration du mouvement, le feedback palpatoire et la recherche de directions présentant relativement moins de résistance. Des termes comme ease, bind, listening hand ou dynamic balance point appartiennent à ce vocabulaire historique et technique ; ils ne doivent pas être transformés automatiquement en mécanismes biologiques démontrés.

Surtout, « fonctionnel » n’est synonyme ni de « toutes les techniques indirectes », ni de « fascial », ni de « tissulaire », ni simplement de « doux » ou de « sans cracking ».

Counterstrain, FPR, BLT/LAS, Myofascial Release, Fascial Unwinding, Muscle Energy, Still Technique ou l’approche tissulaire possèdent leurs propres logiques et leurs propres histoires.

La manière la plus juste de comprendre l’ostéopathie contemporaine consiste donc moins à opposer deux camps qu’à regarder comment une technique est appliquée, quel objectif elle sert et pourquoi l’ostéopathe la choisit dans une situation donnée.

Sources et références - Les Ostéo du Golfe

Pour aller plus loin

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