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Une chute chez une personne âgée n’est pas forcément due à un simple « problème d’équilibre ». La force musculaire, la marche, certains problèmes de santé, les médicaments, la vision ou l’audition, l’environnement du domicile et même la peur de tomber peuvent se combiner.

La prévention repose donc sur plusieurs leviers : entretenir les capacités physiques, rester actif, repérer ce qui peut être amélioré et savoir quand une évaluation professionnelle devient nécessaire.

En France, Santé publique France a recensé en 2024 plus de 174 000 hospitalisations et plus de 20 000 décès en lien avec une chute chez les personnes de 65 ans et plus. Ces chiffres rappellent l’importance du sujet, sans faire de la chute une fatalité du vieillissement. (Santé publique France)

Pourquoi le risque de chute augmente-t-il avec l’âge ?

Vieillir ne signifie pas nécessairement tomber. En revanche, plusieurs changements peuvent progressivement réduire la marge de sécurité nécessaire pour marcher, se lever, changer de direction ou récupérer après un déséquilibre.

La force musculaire peut diminuer. La marche peut devenir moins assurée. Certaines maladies influencent la mobilité, la vigilance ou la tension artérielle. La vision, l’audition ou l’état des pieds peuvent également intervenir. Certains médicaments peuvent enfin augmenter le risque chez certaines personnes.

À cela s’ajoutent parfois des facteurs extérieurs : éclairage insuffisant, obstacle au sol, escalier difficile, salle de bains peu adaptée ou chaussage inapproprié.

C’est pourquoi la chute est généralement envisagée comme un événement multifactoriel. Deux personnes du même âge peuvent présenter des situations très différentes et ne pas avoir besoin des mêmes mesures de prévention. (Haute Autorité de santé)

Une chute antérieure mérite également d’être prise en compte. Elle peut révéler une difficulté jusqu’alors peu visible et modifier la confiance dans les déplacements.

Équilibre, force et activité physique : des capacités à entretenir

Lorsque l’on parle de prévention des chutes, l’équilibre vient immédiatement à l’esprit. Il est important, mais il ne fonctionne pas isolément.

Dans la vie quotidienne, il faut aussi pouvoir se lever d’une chaise, changer de direction, franchir un obstacle, monter une marche, ralentir ou réagir à un petit déséquilibre. Ces gestes sollicitent notamment la force musculaire et les capacités fonctionnelles.

Les programmes d’exercice les mieux documentés accordent donc une place importante au travail de l’équilibre et des tâches fonctionnelles, généralement associé à d’autres composantes comme le renforcement musculaire. (Haute Autorité de santé ; U.S. Preventive Services Task Force)

L’objectif n’est pas nécessairement de rechercher une performance sportive. Il est surtout de conserver les capacités nécessaires pour marcher, sortir, faire ses courses, utiliser des escaliers, jardiner, voir ses proches ou participer à ses activités habituelles.

La marche constitue une activité intéressante lorsqu’elle est possible et sécurisée. Elle entretient notamment les déplacements et l’endurance. Pour agir plus spécifiquement sur certains facteurs liés aux chutes, un travail plus varié de l’équilibre, de la force et des gestes fonctionnels peut cependant être nécessaire.

Plus une personne est fragile, instable ou a déjà chuté, plus il est important de déterminer si une pratique autonome suffit ou si un accompagnement est préférable.

Quand la peur de tomber conduit à moins bouger

Une chute peut modifier durablement la confiance. Certaines personnes commencent à moins sortir, évitent les escaliers ou abandonnent certaines activités par peur de retomber.

Cette prudence peut être compréhensible. Elle devient problématique lorsqu’elle conduit progressivement à une forte réduction des mouvements et des activités.

Moins bouger peut contribuer à une diminution supplémentaire de la force, de l’endurance et de l’aisance dans les déplacements. Les gestes deviennent alors plus difficiles, ce qui peut encore renforcer l’appréhension.

Chez une personne ayant déjà chuté ou qui restreint fortement ses activités par peur de tomber, cette difficulté mérite d’être prise en compte dans l’évaluation. (Haute Autorité de santé)

Médicaments, vision, audition, pieds et logement : d’autres facteurs à rechercher

L’exercice est important, mais la prévention des chutes ne se résume pas au travail physique.

Faire le point sur la santé et les traitements

Certains médicaments peuvent, selon les personnes et les traitements, contribuer à une somnolence, des étourdissements ou d’autres situations favorisant une chute.

Lorsque ce facteur est suspecté, le traitement peut être revu avec le médecin ou le pharmacien.

La vision fait également partie des éléments à surveiller. Une diminution visuelle peut compliquer la perception d’une marche, d’un obstacle ou d’un changement de niveau.

L’audition mérite elle aussi d’être prise en compte lorsqu’un trouble est présent. Les troubles auditifs sont associés à un risque plus élevé de chute dans les études disponibles, mais corriger l’audition ne constitue pas à lui seul une garantie contre les chutes.

Les pieds, certaines douleurs, des déformations ou un chaussage mal adapté peuvent enfin compliquer les déplacements. (Assurance Maladie)

Adapter l’environnement lorsque cela est nécessaire

Le logement peut également intervenir dans certaines chutes : tapis glissant, passage encombré, éclairage insuffisant, salle de bains difficile d’accès ou aide technique mal adaptée.

Pour autant, la prévention ne consiste pas simplement à appliquer la même liste de modifications dans tous les logements. L’enjeu est d’identifier les difficultés réellement rencontrées par la personne dans ses activités quotidiennes.

Les interventions ciblant les dangers domestiques sont particulièrement pertinentes chez les personnes présentant déjà un risque accru de chute. (Cochrane)

Lorsque la situation est complexe, un ergothérapeute peut observer les déplacements et les activités dans l’environnement réel, puis proposer des adaptations du logement ou des aides techniques.

Quand faut-il consulter après une chute ?

Toutes les chutes n’ont pas la même gravité. Certaines peuvent néanmoins révéler un problème qu’il est important de rechercher plutôt que d’attribuer simplement à l’âge.

Une chute inexpliquée mérite notamment une évaluation. Elle peut parfois être liée à un malaise ou à une brève perte de connaissance dont la personne ne garde pas nécessairement un souvenir précis.

Un avis médical est également particulièrement important lorsque les chutes se répètent, lorsqu’une nouvelle instabilité apparaît ou lorsque l’état de la personne change nettement.

Après une chute, une douleur importante, un traumatisme notable, un malaise, une perte de connaissance ou un symptôme neurologique nouveau doivent conduire à rechercher rapidement l’aide adaptée.

Si la personne ne peut pas se relever en raison d’un traumatisme ou d’une faiblesse importante, il est recommandé d’appeler les secours, notamment le 15 ou le 112 en France. (Assurance Maladie ; Haute Autorité de santé)

Même lorsqu’il n’y a pas d’urgence, une chute peut être l’occasion de rechercher ce qui l’a favorisée afin de limiter le risque qu’une situation similaire se reproduise.

Quel professionnel consulter pour prévenir les chutes ?

Il n’existe pas un professionnel unique chargé de toutes les situations. Le bon interlocuteur dépend surtout de ce qu’il faut comprendre, traiter, rééduquer ou adapter.

Quel professionnel selon la difficulté rencontrée ?

Il n’existe pas un professionnel unique de la prévention des chutes. Le bon interlocuteur dépend surtout de ce qu’il faut comprendre, rééduquer, entretenir ou adapter.

Chute inexpliquée, chutes répétées, nouvelle instabilité ou possible facteur médical
Profession à envisager : médecin traitant.
Rôle : rechercher les causes possibles, revoir les traitements si nécessaire et coordonner les orientations.

Marche, équilibre, force ou capacités fonctionnelles diminués
Profession à envisager : masseur-kinésithérapeute.
Rôle : évaluer les difficultés fonctionnelles et proposer une rééducation individualisée.

Besoin de retrouver ou de maintenir une activité compatible avec ses capacités
Profession à envisager : professionnel compétent en activité physique adaptée.
Rôle : adapter l’activité et favoriser une pratique régulière compatible avec la situation de la personne.

Difficultés dans le logement, les activités quotidiennes ou besoin d’aides techniques
Profession à envisager : ergothérapeute.
Rôle : analyser les activités et l’environnement puis proposer des adaptations favorisant sécurité et autonomie.

Trouble visuel, vestibulaire, problème de pieds ou autre facteur spécifique
Profession à envisager : professionnel ciblé selon le problème.
Rôle : évaluer ou prendre en charge le facteur concerné.

Douleur, raideur ou limitation musculosquelettique gênant certains mouvements ou la reprise d’activité chez une personne médicalement stable
Profession à envisager : ostéopathe.
Rôle : prendre en charge cette plainte dans son champ et accompagner le mouvement, en complément du parcours lorsqu’il est indiqué.

Ces orientations ne sont pas exclusives : plusieurs professionnels peuvent intervenir de façon complémentaire selon la situation. Après une chute inexpliquée, répétée ou préoccupante, l’évaluation appropriée reste prioritaire.

Le médecin traitant : rechercher les causes et coordonner

Après une chute inexpliquée, devant des chutes répétées ou lorsqu’une instabilité nouvelle apparaît, le médecin traitant occupe une place structurante.

Il peut rechercher des facteurs médicaux, revoir les traitements, évaluer la situation générale et orienter vers d’autres professionnels ou examens lorsque cela est nécessaire.

Chez une personne fragile ou présentant plusieurs difficultés associées, une évaluation gériatrique ou spécialisée peut parfois être pertinente.

Le kinésithérapeute : rééduquer la marche, l’équilibre et les capacités fonctionnelles

Lorsque la marche, l’équilibre, la force ou certains gestes fonctionnels sont diminués, le masseur-kinésithérapeute peut proposer une rééducation individualisée.

Selon les besoins, le travail peut concerner les déplacements, les changements de direction, les réactions d’équilibre, la force des membres inférieurs, les transferts ou encore le relever du sol.

L’activité physique adaptée : maintenir une activité compatible avec ses capacités

L’activité physique adaptée, ou APA, peut être utile lorsqu’une personne doit retrouver ou maintenir une activité malgré une maladie chronique, une fragilité ou une diminution de ses capacités.

Elle ne remplace pas une rééducation lorsqu’elle est nécessaire. Son rôle est plutôt d’adapter l’activité aux possibilités de la personne et de favoriser sa pratique dans la durée.

Selon la situation, l’activité peut solliciter notamment l’équilibre, la coordination, la force, l’endurance et les déplacements.

L’ergothérapeute : préserver l’autonomie dans l’environnement quotidien

Lorsque les difficultés concernent surtout le domicile et les activités de tous les jours, l’ergothérapeute peut analyser concrètement les déplacements et les tâches réalisées par la personne.

Son intervention peut porter sur l’aménagement du logement, les aides techniques ou l’adaptation de certaines activités afin de concilier sécurité et autonomie.

D’autres professionnels selon le facteur identifié

Un ophtalmologiste peut être nécessaire lorsqu’un problème visuel est identifié. Un pédicure-podologue peut intervenir lorsque l’état des pieds, une douleur, une déformation ou le chaussage compliquent les déplacements.

En présence de vertiges ou d’un trouble vestibulaire, une évaluation médicale ou ORL peut être nécessaire. Une rééducation vestibulaire peut ensuite être indiquée selon la situation.

Selon le contexte, d’autres professionnels peuvent également intervenir : gériatre, cardiologue, neurologue, diététicien ou accompagnement psychologique lorsque la situation le justifie.

L’objectif n’est pas de multiplier les consultations, mais d’orienter vers les personnes réellement utiles au problème identifié.

Quelle place pour l’ostéopathie ?

L’ostéopathie occupe ici une place secondaire ou tertiaire d’accompagnement.

Chez une personne médicalement stable, une consultation peut notamment être envisagée lorsqu’une douleur, une raideur ou une limitation musculosquelettique rend certains mouvements ou la reprise d’activité plus difficiles.

L’objectif est alors de prendre en charge cette plainte dans le champ de l’ostéopathie et de faciliter autant que possible le mouvement ou la reprise d’activité. Cette prise en charge ne remplace ni la recherche des causes d’une chute ni une rééducation ou une activité physique adaptée lorsqu’elles sont nécessaires.

En cas de chute inexpliquée, de malaise, de nouvelle instabilité ou d’autre signe préoccupant, l’évaluation appropriée reste prioritaire.

Par où commencer concrètement ?

Une démarche de prévention n’oblige pas à tout modifier en même temps. Il est souvent plus utile de commencer par identifier ce qui a réellement changé.

Quelques questions simples pour faire le point

  • y a-t-il déjà eu une chute ou plusieurs pertes d’équilibre ?
  • la marche, les escaliers ou le lever d’une chaise sont-ils devenus plus difficiles ?
  • certaines activités ont-elles été abandonnées par peur de tomber ?
  • un traitement, un problème de vue, d’audition ou de pieds mérite-t-il d’être réévalué ?
  • certains déplacements à domicile sont-ils devenus difficiles ou peu sécurisants ?
  • une douleur ou une raideur limite-t-elle les mouvements ou l’activité ?

Ces questions ne permettent pas de poser soi-même un diagnostic. Elles aident surtout à identifier le bon point de départ.

Chez une personne autonome sans difficulté particulière, rester active et entretenir régulièrement ses capacités physiques constitue une base importante.

Lorsqu’une perte de force, d’équilibre ou de confiance apparaît, un accompagnement peut aider à travailler plus précisément les capacités concernées.

Après une chute répétée, inexpliquée ou préoccupante, la priorité est d’en comprendre les circonstances plutôt que de simplement essayer de « faire plus attention ».

Conclusion

Prévenir les chutes chez une personne âgée consiste surtout à agir sur plusieurs facteurs à la fois : préserver les capacités physiques, continuer à bouger, adapter ce qui peut l’être et ne pas banaliser une chute ou une nouvelle instabilité.

L’équilibre et la force ont une place importante, mais l’état de santé, les médicaments, les capacités sensorielles, l’environnement et la confiance dans les déplacements peuvent également compter. Le professionnel à consulter dépend donc du problème réellement identifié.

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Les Auteurs : L'équipe Les Ostéo du Golfe

L’équipe des Ostéo du Golfe réunit des ostéopathes exerçant à Auray et Vannes, avec une approche centrée sur l’écoute, l’examen clinique et l’accompagnement adapté à chaque patient.

Le cabinet propose des consultations au cabinet, mais aussi des consultations à domicile et des interventions en entreprise, selon les besoins, le contexte et les possibilités d’organisation.

Les articles du blog sont rédigés dans l’esprit du cabinet : aider les patients à mieux comprendre leurs douleurs, leurs gênes fonctionnelles et les situations dans lesquelles il peut être utile de consulter. Ils s’appuient sur une lecture prudente des connaissances disponibles, sur l’expérience clinique de Vadim, Victoire et Thibault, et sur une attention constante aux signes nécessitant un avis médical.

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FAQ

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Marcher tous les jours suffit-il pour prévenir les chutes ?

Marcher régulièrement est bénéfique, mais la marche seule ne suffit pas toujours à agir sur l’ensemble des facteurs liés au risque de chute.

La prévention peut aussi nécessiter de travailler l’équilibre, la force musculaire et certains gestes du quotidien, comme se lever d’une chaise, changer de direction ou franchir un obstacle.

Chez une personne autonome et stable, la marche reste une excellente façon de rester active. En revanche, après une chute, en cas d’instabilité ou de diminution des capacités, un programme plus ciblé et adapté avec un kinésithérapeute ou un professionnel compétent en activité physique adaptée peut être plus pertinent.

Quelle place peut avoir l’ostéopathie dans un parcours de prévention des chutes ?

L’ostéopathie peut avoir une place complémentaire lorsqu’une douleur, une raideur ou une limitation musculosquelettique gêne les mouvements ou la reprise d’activité.

Elle ne remplace pas la recherche des causes d’une chute, une rééducation de l’équilibre ou de la marche, ni une activité physique adaptée lorsqu’elles sont nécessaires. Les données disponibles ne permettent pas d’affirmer qu’une prise en charge ostéopathique réduit directement le risque ou le nombre de chutes.

Après une chute inexpliquée, des chutes répétées, un malaise ou l’apparition d’une nouvelle instabilité, l’évaluation appropriée reste donc prioritaire. L’ostéopathie peut ensuite s’intégrer au parcours si une plainte musculosquelettique compatible est présente.

Nos autres articles

Le blog des Ostéo du Golfe rassemble des articles consacrés à l’ostéopathie, à la santé, au mouvement, à l’activité physique et aux différents facteurs qui peuvent influencer notre bien-être et nos parcours de vie.

Il propose également des contenus plus larges pour mieux comprendre les liens entre la santé, les modes de vie, l’environnement et la société.

Ces contenus ont une vocation informative et pédagogique. Ils ne remplacent ni un diagnostic, ni un avis médical, ni un accompagnement professionnel adapté à chaque situation.

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