Votre voûte plantaire est très marquée, vos appuis se concentrent sous le talon ou l’avant-pied et votre cheville bascule facilement vers l’extérieur ?
Les exercices peuvent être utiles, mais un pied creux ne doit pas être travaillé comme un pied plat. L’objectif n’est généralement pas de creuser davantage la voûte ni de forcer le pied vers l’intérieur.
Selon les difficultés rencontrées, le travail peut chercher à :
- préserver ou retrouver de la mobilité ;
- diminuer la crispation des orteils ;
- mieux répartir les pressions sous le pied ;
- renforcer certains muscles de la cheville ;
- améliorer l’équilibre ;
- contrôler l’appui sur le bord externe ;
- coordonner le pied avec le genou, la hanche et le bassin.
Les neuf exercices présentés ici ne constituent pas une routine obligatoire. Sélectionnez seulement les mouvements correspondant à votre mobilité, votre douleur, votre stabilité et vos capacités actuelles.
Qu’est-ce qu’un pied creux ?
Un pied creux présente une voûte plantaire plus haute que la moyenne. Cette morphologie peut être ancienne et stable, relativement souple ou plus rigide. Elle peut concerner les deux pieds de manière similaire ou être très asymétrique.
Certaines personnes ont les pieds creux sans douleur ni limitation. Chez d’autres, la surface en contact avec le sol est plus réduite et les pressions se concentrent davantage sous le talon, l’avant-pied, certaines têtes métatarsiennes ou le bord externe.
Cette organisation peut contribuer à des callosités, une douleur sous l’avant-pied, une fatigue du mollet ou une sensation d’instabilité. Le pied peut également avoir tendance à basculer vers l’extérieur, ce qui peut participer à des entorses latérales répétées chez certaines personnes.
Pour approfondir la définition et les différentes présentations du pied creux, consultez la synthèse clinique du NCBI consacrée au pied creux.
Un pied creux doit-il toujours être corrigé ?
Non. Une voûte haute, ancienne, stable et indolore ne nécessite pas automatiquement un traitement.
Les exercices deviennent surtout pertinents lorsque le pied creux s’accompagne :
- d’une douleur ou d’une fatigue rapide ;
- d’une raideur du pied ou de la cheville ;
- d’une difficulté à répartir les appuis ;
- d’une instabilité ou d’entorses répétées ;
- d’une gêne pendant la marche ou le sport ;
- d’une crispation importante des orteils ;
- d’une difficulté à adapter le pied au terrain.
Que peuvent réellement améliorer les exercices ?
Les études consacrées spécifiquement aux exercices pour le pied creux restent peu nombreuses. Il n’existe pas actuellement de programme universel permettant d’affirmer qu’une série précise d’exercices corrige tous les pieds creux.
Les propositions pratiques reposent principalement sur :
- la biomécanique du pied et de la cheville ;
- les principes généraux de rééducation ;
- l’évaluation des déficits réellement présents ;
- les connaissances sur l’instabilité de cheville ;
- l’expérience clinique.
Les progrès utiles se mesurent surtout dans les activités :
- marcher plus confortablement ;
- moins fatiguer ;
- mieux contrôler la cheville ;
- mieux tolérer la station debout ;
- reprendre progressivement une activité ;
- récupérer plus facilement après l’effort.
Avant de commencer : ces exercices correspondent-ils à votre situation ?
Un pied creux ancien et stable n’a pas la même signification qu’une voûte qui se creuse progressivement. Les exercices généraux sont surtout destinés aux adultes et adolescents autonomes dont le pied est connu, relativement stable et compatible avec des mouvements simples.
Ces signes ne permettent pas de conclure soi-même à une maladie neurologique. Ils indiquent qu’une évaluation plus complète est préférable avant d’utiliser un programme général.
Certaines maladies neurologiques ou neuromusculaires, comme la maladie de Charcot-Marie-Tooth, peuvent s’accompagner d’un pied creux, d’une faiblesse progressive ou de troubles sensitifs. Les exercices peuvent alors conserver une place, mais ils doivent être adaptés aux capacités réelles et au risque de chute.
Une présentation détaillée de cette neuropathie est disponible dans GeneReviews.
Le cas particulier du pied creux chez l’enfant
Un pied creux chez l’enfant mérite une attention particulière lorsqu’il apparaît progressivement, devient asymétrique ou s’accompagne de difficultés motrices. Un programme autonome destiné à un adulte ne doit donc pas être appliqué directement à un jeune enfant.
Une évaluation devient notamment pertinente si l’enfant :
- chute fréquemment ;
- marche de manière inhabituelle ;
- se plaint de douleurs ;
- use ses chaussures de façon très asymétrique ;
- présente une faiblesse ;
- développe rapidement des orteils en griffe ;
- présente des antécédents neurologiques ou familiaux.
Pourquoi ne pas renforcer un pied creux comme un pied plat ?
Dans un pied plat souple, certains exercices cherchent à améliorer le contrôle actif d’une voûte qui s’abaisse pendant l’appui. Dans un pied creux, la voûte est déjà très marquée : le pied peut surtout manquer de mobilité, absorber moins facilement les contraintes ou concentrer les charges sur quelques zones.
Dans un pied plat souple
- la voûte peut manquer de contrôle pendant l’appui ;
- le short foot peut occuper une place importante ;
- le travail peut chercher à mieux contrôler l’abaissement de la voûte ;
- la pronation ne doit pas être supprimée.
Dans un pied creux
- la voûte est déjà très marquée et peut manquer de mobilité ;
- le short foot ne doit pas être repris automatiquement ;
- le travail cherche davantage à répartir les pressions et contrôler l’appui externe ;
- l’éversion et les muscles fibulaires peuvent être travaillés si un déficit est observé ;
- la supination ne doit pas être renforcée aveuglément.
Cette comparaison présente des objectifs généraux. Elle ne permet pas de déterminer seule la forme du pied ni les exercices nécessaires.
Trois priorités avant de choisir les exercices
1. Préserver la mobilité
Un pied rigide absorbe moins facilement les irrégularités du terrain. Le travail peut concerner la cheville, les orteils, les articulations du pied, le mollet et les tissus plantaires.
2. Mieux répartir les appuis
L’objectif n’est pas de forcer le pied vers l’intérieur. Il s’agit d’éviter qu’une part excessive de la charge repose uniquement sur le bord externe, sous le talon ou sous quelques têtes métatarsiennes.
3. Développer la stabilité
La stabilité dépend du pied, mais aussi de la cheville, du mollet, du genou, de la hanche, du bassin, du tronc, de la vision et de l’équilibre général. Un exercice local doit donc progressivement être transféré vers la station debout, la marche et les gestes correspondant à l’activité pratiquée.
Neuf exercices pour assouplir et stabiliser un pied creux
1. Mobiliser et étirer la voûte plantaire
Objectif : mobiliser les tissus sous le pied, redonner progressivement de la longueur à la voûte et améliorer la perception des différentes zones d’appui, sans chercher à l’aplatir.
Préparation avec une balle souple
Position : asseyez-vous et placez une balle souple sous le pied.
Mouvement : faites rouler lentement la balle du talon vers l’avant-pied, sous le centre du pied et sous les zones confortables de la voûte. La pression doit rester modérée.
Variante assise — étirement manuel de la voûte
Position : asseyez-vous et posez la cheville du pied concerné sur la cuisse opposée. Maintenez le talon avec une main.
Mouvement : avec l’autre main, ramenez doucement les orteils vers le tibia jusqu’à ressentir une tension modérée sous la voûte. Conservez la cheville dans une position confortable, respirez quelques instants, puis relâchez progressivement.
Adaptation : si le gros orteil est sensible ou rigide, mobilisez l’ensemble des orteils avec une amplitude plus faible plutôt que de tirer uniquement sur lui.
Variante debout — orteils contre un support
Position : placez l’avant du pied et les orteils contre un mur, ou sur une serviette roulée, en gardant le talon au sol et un support stable à proximité.
Mouvement : avancez doucement le genou ou le corps depuis la cheville jusqu’à ressentir un étirement sous la plante du pied. Le mouvement doit rester progressif, sans écraser brutalement la voûte ni forcer l’avant-pied.
Pour simplifier : commencez par la variante assise, diminuez l’extension des orteils ou utilisez une balle plus souple.
Pour progresser : passez à la variante debout et augmentez légèrement l’extension des orteils uniquement si le mouvement reste confortable.
À éviter : une balle très dure dès le départ, les rebonds, une forte traction sur un gros orteil douloureux, une pression marquée sur une callosité ou la recherche d’un étirement intense.
Réduisez ou arrêtez : en cas de douleur vive sous le gros orteil ou l’avant-pied, de brûlure, d’engourdissement, d’irritation persistante ou d’augmentation durable des symptômes.
2. Mobiliser les orteils et contrôler le gros orteil
Objectif : diminuer la crispation, améliorer la mobilité des orteils et apprendre à dissocier le gros orteil des quatre autres.
Position : asseyez-vous, pied posé au sol et talon stable.
Mouvement A : gardez les quatre petits orteils posés et soulevez doucement le gros orteil, puis reposez-le sans griffer le sol.
Mouvement B : gardez le gros orteil posé et soulevez légèrement les quatre autres orteils.
Mouvement C : essayez d’écarter les orteils, puis reposez-les en les laissant aussi longs que possible.
Pour simplifier : accompagnez les orteils avec la main et travaillez un seul mouvement à la fois.
Pour progresser : réalisez le mouvement debout avec peu de poids sur le pied, puis augmentez progressivement la charge sans rouler sur le bord externe.
À éviter : tirer fortement sur un orteil rigide, raccourcir volontairement toute la voûte ou froisser fortement une serviette lorsque les orteils sont déjà en griffe.
Réduisez ou arrêtez : si une douleur articulaire apparaît ou si les orteils se crispent davantage après l’exercice.
Démonstrations — étirement de la voûte et contrôle des orteils
Ces ressources permettent de visualiser les deux variantes d’étirement de la voûte — assise et debout — ainsi que la dissociation des orteils. Elles ne constituent pas une routine imposée et les amplitudes doivent rester confortables.
Étirement actif de la voûte plantaire
Démonstration publiée par le service de physiothérapie du Royal United Hospitals Bath. Recherchez une tension douce, sans écraser brutalement la voûte ni forcer sur un avant-pied douloureux.
Étirement assis de la voûte plantaire
Cette démonstration est référencée dans la fiche patient du University Hospitals Plymouth NHS Trust consacrée à l’étirement direct de la fascia plantaire. Ramenez les orteils progressivement vers vous, sans forcer sur un gros orteil douloureux.
Toe yoga — contrôle du gros orteil
Sharp HealthCare présente en vidéo l’alternance « gros orteil levé / quatre autres orteils levés ». Dans cet article, utilisez seulement la dissociation et l’allongement des orteils : ne recherchez pas une contraction maximale de la voûte.
Voir la démonstration vidéo du toe yoga par Sharp HealthCare.
3. Mobiliser la cheville, genou vers le mur
Objectif : améliorer la capacité du genou à avancer au-dessus du pied sans décoller le talon.
Position : placez-vous face à un mur, un pied légèrement en avant.
Mouvement : gardez le talon au sol et avancez lentement le genou vers le mur, puis revenez.
Pour simplifier : rapprochez le pied du mur, réduisez l’amplitude ou utilisez les mains comme appui.
Pour progresser : éloignez légèrement le pied ou intégrez cette mobilité dans une petite fente.
À éviter : laisser le pied basculer brutalement sur son bord externe ou interne.
Réduisez ou arrêtez : en cas de pincement important, de blocage inhabituel ou de douleur croissante.
4. Assouplir le mollet lorsqu’il limite la cheville
Objectif : améliorer la dorsiflexion lorsqu’une raideur du mollet limite réellement l’avancée du tibia.
Position : placez-vous face à un mur et reculez une jambe en gardant le talon au sol.
Mouvement : avancez doucement le bassin jusqu’à ressentir une tension modérée dans le mollet.
Pour simplifier : réduisez l’écart entre les pieds et gardez les mains contre le mur.
Pour progresser : augmentez légèrement la distance tout en gardant le pied dirigé vers l’avant.
À éviter : rebondir, décoller le talon ou tourner fortement le pied vers l’extérieur.
Réduisez ou arrêtez : en cas de douleur du tendon d’Achille, du talon ou de la plante du pied.
Vidéo — étirement du mollet : Cette démonstration du Royal United Hospitals Bath montre l’installation générale. Elle ne doit être utilisée que si une raideur du mollet ou une limitation de cheville est réellement présente.
Ouvrir la vidéo « Vidéo — étirement du mollet » sur YouTube.
5. Renforcer l’éversion avec un élastique
Objectif : améliorer le contrôle du déplacement du pied vers l’extérieur lorsqu’un manque de force ou de précision est présent.
Position : asseyez-vous, talon posé au sol, élastique fixé du côté interne du pied.
Mouvement : déplacez lentement l’avant-pied vers l’extérieur contre la résistance, puis revenez avec contrôle.
Pour simplifier : diminuez la résistance, réduisez l’amplitude ou commencez par une contraction presque statique.
Pour progresser : ralentissez le retour ou augmentez légèrement la résistance.
À éviter : tourner toute la jambe, crisper les orteils ou utiliser un élastique trop résistant.
Réduisez ou arrêtez : si la douleur augmente, si le mouvement devient brusque ou si la cheville semble plus instable après l’exercice.
6. Relever l’avant du pied avec contrôle
Objectif : renforcer la dorsiflexion lorsqu’un manque de force ou de contrôle a été identifié.
Position : asseyez-vous, talon posé au sol, avec un élastique tirant doucement l’avant-pied vers le bas.
Mouvement : relevez lentement l’avant-pied, puis revenez sans laisser l’élastique ramener brutalement le pied.
Pour simplifier : réalisez le mouvement sans élastique ou réduisez l’amplitude.
Pour progresser : augmentez légèrement la résistance ou ralentissez la descente.
À éviter : rechercher une forte inversion ou compenser en soulevant toute la jambe.
Demandez un avis : si une difficulté nouvelle à relever le pied, des trébuchements ou une faiblesse progressive apparaissent.
Démonstrations — éversion et dorsiflexion avec élastique
Cornell Health propose deux vidéos techniques distinctes. Elles servent à visualiser la direction du mouvement ; les adaptations et critères d’arrêt de l’article restent prioritaires.
Éversion avec élastique
Le pied se déplace vers l’extérieur tandis que la jambe et le genou restent aussi immobiles que possible.
Dorsiflexion avec élastique
L’avant du pied se relève sans que toute la jambe soit soulevée ni que le pied parte fortement en inversion.
7. Réaliser des montées sur pointes contrôlées
Objectif : renforcer le mollet et améliorer la propulsion sans surcharger brutalement l’avant-pied.
Position : placez-vous debout près d’un support stable.
Mouvement : montez lentement sur la pointe des deux pieds, puis redescendez avec contrôle.
Pour simplifier : montez moins haut, utilisez davantage les mains et répartissez la charge entre les deux jambes.
Pour progresser : ralentissez la descente ou transférez progressivement davantage de poids sur un côté.
À éviter : accélérer les répétitions, rechercher immédiatement une grande hauteur ou laisser la cheville partir vers l’extérieur.
Réduisez ou arrêtez : si la pression sous l’avant-pied augmente, en cas de métatarsalgie importante ou de douleur du tendon d’Achille.
Vidéo — montées sur pointes : Le Royal United Hospitals Bath présente les montées de talon pour le gastrocnémien et le soléaire. Pour un pied creux, évitez la bascule répétée sur le bord externe et réduisez l’exercice si l’avant-pied devient douloureux.
Ouvrir la vidéo « Vidéo — montées sur pointes » sur YouTube.
8. Travailler l’équilibre sur une jambe
Objectif : améliorer le contrôle du pied, de la cheville et du membre inférieur.
Position : placez-vous près d’un mur ou d’un meuble stable, sur un sol ferme.
Mouvement : transférez progressivement le poids sur une jambe, puis décollez légèrement l’autre pied.
Pour simplifier : gardez un doigt sur le support, laissez la pointe de l’autre pied toucher le sol ou réduisez la durée.
Pour progresser : réduisez l’aide des mains, déplacez doucement la jambe libre ou ajoutez une petite flexion du genou.
À éviter : commencer directement sur un coussin instable ou fermer les yeux avant de maîtriser le sol ferme.
Réduisez ou arrêtez : si la cheville se dérobe, si le risque de chute augmente ou si l’appui sur le bord externe devient plus marqué.
Vidéo — équilibre sur une jambe : Cette démonstration du Royal United Hospitals Bath remplace la ressource précédente. Commencez sur une surface ferme, près d’un support, et laissez le pied effectuer de petites adaptations sans verrouiller la voûte.
Ouvrir la vidéo « Vidéo — équilibre sur une jambe » sur YouTube.
9. Intégrer les appuis dans un mini-squat
Objectif : coordonner le pied, le genou, la hanche, le bassin et le tronc dans un mouvement fonctionnel.
Position : placez-vous debout près d’un support, pieds confortablement écartés.
Mouvement : fléchissez légèrement les genoux et les hanches comme pour commencer à vous asseoir, puis revenez.
Pour simplifier : réduisez l’amplitude, tenez le support ou commencez par un simple transfert de poids.
Pour progresser : transférez davantage de charge sur une jambe, augmentez légèrement l’amplitude ou utilisez une petite marche.
À éviter : concentrer toute la charge sur le bord externe, figer le genou dans un axe parfait ou chercher une grande profondeur.
Réduisez ou arrêtez : si le pied roule de plus en plus vers l’extérieur, si le bassin chute ou si une douleur apparaît sous l’avant-pied ou à la cheville.
Vidéo — mini-squat en cadran : Le Clock Face Mini Squat du Royal United Hospitals Bath montre comment conserver un appui contrôlé tout en déplaçant progressivement la charge. Commencez avec une faible amplitude et un support à proximité.
Ouvrir la vidéo « Vidéo — mini-squat en cadran » sur YouTube.
Lorsque ces mouvements deviennent bien tolérés, la reprise des activités doit rester progressive. La diminution de la douleur ne signifie pas nécessairement que la mobilité, la force et la stabilité sont entièrement revenues. Pour approfondir cette démarche, consultez notre article consacré à la manière de reprendre progressivement le sport après une blessure.
Faut-il aussi renforcer la hanche et le bassin ?
Le contrôle du pied pendant la marche, le squat ou l’appui sur une jambe ne dépend pas uniquement des muscles situés sous la voûte.
Selon les difficultés observées, un programme individualisé peut également intégrer :
- une abduction de hanche ;
- un clamshell ;
- un pont fessier ;
- une marche latérale avec élastique ;
- une fente courte ;
- une montée de marche ;
- un exercice de rotation contrôlée du tronc.
Ces exercices ne corrigent pas directement le pied creux. Ils peuvent cependant améliorer le contrôle global du membre inférieur lorsque la hanche, le bassin ou le tronc compensent pendant les mouvements en charge.
Démonstrations — hanche, bassin et chaîne inférieure
Ces mouvements sont complémentaires des exercices du pied. Ils deviennent pertinents lorsque le bassin chute, que le genou manque de contrôle ou que le pied perd sa stabilité pendant les gestes en charge.
Pont fessier
Travail des extenseurs de hanche et du contrôle du bassin. Gardez un appui confortable sous les pieds sans les crisper.
Abduction de hanche debout
Renforcement latéral de la hanche. Le bassin reste aussi stable que possible et le pied d’appui ne doit pas basculer fortement vers l’extérieur.
Marche latérale avec élastique
Progression dynamique pour la hanche, le genou et les appuis. Utilisez une résistance modérée et conservez des pas contrôlés.
Pour transférer ce contrôle vers les escaliers, le Royal United Hospitals Bath propose également une démonstration de montée de marche vers l’avant.
Quel lien entre pied creux, membre inférieur et posture ?
Le pied constitue le premier contact avec le sol, mais il ne fonctionne pas isolément. Un appui très latéral, une cheville instable ou une faible capacité d’adaptation peuvent modifier la manière dont la jambe, le genou, la hanche et le bassin participent au mouvement.
Chez certaines personnes, on peut notamment observer :
- une stratégie de charge plus importante sur un côté ;
- une rotation différente du membre inférieur ;
- une adaptation du genou ;
- une inclinaison du bassin ;
- une compensation du tronc ;
- une utilisation différente du pied opposé.
Ces adaptations ne signifient pas que le pied creux provoque automatiquement une douleur du genou, de la hanche ou du dos. Il ne doit pas non plus être présenté comme la cause systématique d’une scoliose.
Pour approfondir cette lecture globale, consultez notre article sur l’analyse posturale en ostéopathie.
Comment organiser la progression ?
- Mobilité : plante du pied, orteils, cheville et mollet si une raideur est réellement présente.
- Renforcement ciblé : éversion, dorsiflexion ou montées sur pointes seulement si ces mouvements correspondent à un besoin.
- Stabilité : équilibre sur une jambe, transferts de poids, petites flexions et marche.
- Retour aux activités : terrains irréguliers, course, changements de direction et sauts selon les objectifs et les capacités.
Augmentez un seul paramètre à la fois : la durée, les répétitions, la résistance, l’amplitude, la charge, l’instabilité ou la vitesse. Il n’existe pas de fréquence universelle validée pour tous les pieds creux.
Quels exercices ou habitudes peuvent être inadaptés ?
- Chercher à creuser davantage la voûte : les exercices destinés à raccourcir fortement le pied ne doivent pas être copiés mécaniquement depuis un programme pour pied plat.
- Renforcer fortement l’inversion : cela peut accentuer une stratégie déjà dominante chez certaines personnes.
- Froisser fortement une serviette : cet exercice peut renforcer la crispation lorsque les orteils sont déjà en griffe.
- Marcher volontairement sur le bord interne : l’objectif est une meilleure répartition, pas le remplacement d’un excès par un autre.
- Passer trop vite sur une surface instable : le contrôle doit d’abord être acquis sur un sol ferme.
- Multiplier les sauts sur l’avant-pied : ils peuvent surcharger les métatarses lorsqu’ils sont introduits trop tôt.
- Changer brutalement de chaussures : toute transition vers une chaussure très différente doit rester progressive.
Semelles, chaussures et exercices
Les semelles et les exercices ne s’opposent pas nécessairement. Les données cliniques les plus solides concernant le traitement conservateur du pied creux douloureux portent sur les orthèses plantaires personnalisées.
Chez certains adultes symptomatiques, elles peuvent améliorer la douleur et la fonction, notamment en redistribuant les pressions sous le pied. Elles ne reconstruisent pas la voûte et ne remplacent pas automatiquement le travail actif.
Pour approfondir ce point, consultez l’ essai randomisé consacré aux orthèses personnalisées dans le pied creux douloureux et l’ analyse de leur effet sur la répartition des pressions plantaires.
Ne retirez pas brutalement des semelles déjà adaptées uniquement parce que vous commencez des exercices. Lorsqu’un bilan des appuis, des callosités, du chaussage ou des orthèses est nécessaire, un pédicure-podologue peut examiner la répartition des pressions et proposer une adaptation.
Pour une orientation locale, consultez notre sélection permettant de trouver un pédicure-podologue autour d’Auray et Vannes.
Pour le chaussage, recherchez surtout :
- un modèle confortable ;
- suffisamment de place pour les orteils ;
- un maintien du talon adapté ;
- un amorti compatible avec vos activités ;
- une absence de pression sur le dessus du pied ;
- une stabilité suffisante si les chevilles se dérobent.
Quelle place pour la kinésithérapie, la podologie et l’ostéopathie ?
La kinésithérapie
La kinésithérapie est particulièrement utile lorsqu’un programme doit être personnalisé, progressif et régulièrement réévalué. Elle permet notamment de mesurer la mobilité, évaluer la force, travailler la stabilité, adapter la charge et accompagner une reprise sportive.
La pédicurie-podologie
Le pédicure-podologue peut examiner les zones de pression, les callosités, les douleurs sous l’avant-pied, le chaussage, la stabilité et la pertinence d’une orthèse.
L’ostéopathie
Une consultation ostéopathique peut être pertinente lorsqu’un pied creux s’accompagne d’une gêne mécanique, d’une raideur du pied ou de la cheville, d’une ancienne entorse, de tensions du mollet ou de compensations pendant la marche et le sport.
Lorsqu’une restriction de mobilité ou une tension associée est retrouvée, le traitement manuel peut chercher à améliorer le confort, la mobilité disponible et les conditions dans lesquelles les exercices sont réalisés. La consultation peut également aider à déterminer quels exercices semblent adaptés et si une orientation vers un médecin, un kinésithérapeute ou un pédicure-podologue est préférable.
L’ostéopathie ne peut toutefois pas aplatir durablement une voûte structurelle ni traiter une maladie neurologique.
Quand réduire, arrêter ou demander un avis ?
Adaptez ou réduisez l’exercice si :
- la douleur augmente à chaque répétition ;
- le mouvement devient moins contrôlé ;
- l’appui sur le bord externe devient plus marqué ;
- la récupération devient progressivement moins bonne ;
- les activités suivantes sont nettement moins bien tolérées.
À retenir
Un pied creux n’a pas automatiquement besoin d’être corrigé.
Lorsqu’il devient douloureux, rigide ou instable, les exercices peuvent contribuer à améliorer la mobilité, la force, l’équilibre et la répartition des appuis.
Commencez par quelques mouvements que vous contrôlez et faites progresser un seul paramètre à la fois.
En cas de déformation récente ou évolutive, d’asymétrie importante, de perte de force, de troubles sensitifs ou de difficultés croissantes à marcher, une évaluation doit précéder le programme autonome.
